La forêt des Martyrs, située dans les collines de Jérusalem, où près de six millions d’arbres ont été plantés à la mémoire des victimes de la Shoah, est aujourd’hui éclairée par de rares photographies issues des archives du KKL-JNF datant des années 1950. Ces images donnent à voir les premières formes de commémoration organisées en Israël.
Au fil des années, la forêt des Martyrs s’est imposée comme l’un des lieux centraux de la mémoire en Israël. Près de six millions d’arbres y ont été plantés, autant de vies arrachées que l’on a choisi d’inscrire dans la terre. Aux premières années de l’État, c’est là que se tenaient les cérémonies officielles de commémoration.
Une série de photographies rares, prises dans les régions de Kisalon et Beit Meir, témoigne des premières cérémonies de plantation. On y voit des femmes lire des textes liés à la Shoah, des familles participer aux plantations, des arbres dédiés à des communautés entières et à des enfants disparus. Une mémoire qui ne se contente pas de se dire : elle s’incarne. Elle se plante, elle grandit, elle se transmet.
Efrat Sinai, directrice des archives du KKL-JNF, explique :
« Avant même la création de l’État, après la Shoah, des Juifs du monde entier ont demandé au KKL-JNF de commémorer leurs proches disparus en plantant des arbres. La forêt des Martyrs, plantée au début des années 1950, demeure un lieu de mémoire unique, avec près de six millions d’arbres porteurs de ce souvenir. Les photographies d’Avraham Malevsky révèlent un moment clé dans la construction de la mémoire de la Shoah en Israël, où la douleur nationale s’inscrit dans un mouvement de vie et de renouveau. »
Le président du KKL-JNF, Eyal Ostrinsky, souligne :
« La forêt des Martyrs est plus qu’un lieu de mémoire. C’est une réponse. Là où l’on a voulu effacer un peuple, le Keren Kayemet LeIsrael a choisi d’enraciner la vie. Ces images rappellent que la mémoire n’est pas seulement tournée vers le passé : elle engage l’avenir. Se souvenir, ici, c’est continuer à construire. »





