Barrages à sec, manque d’investissements, sécheresses réduisant la production hydroélectrique, paralysant l’industrie et conduisant à des licenciements massifs… La « mafia de l’eau » (CGRI et Mollahs) a provoqué une crise économique et environnementale aggravée par le réchauffement climatique.
« Les dérives mafieuses et la corruption ont causé une crise environnementale sans précédent en Iran », dénonçait Emmanuel Razavi dans « La face cachée des Mollahs », en précisant, « le CGRI, qui a la mainmise sur plus de 60 % de l’économie, a autorisé la construction d’innombrables barrages en échange d’importants pots-de-vin, détournant l’eau et asséchant des rivières telle le Zayandeh Roud ». « Obéir à des mollahs qui ont pillé les ressources à des fins personnelles est devenu impossible », notent les grands reporters Emmanuel Razavi et Jean-Marie Montali dans « La pieuvre de Téhéran ». A cela s’ajoutent les sécheresses et canicules (entre 50 °C à 53 °C à l’été 2025), une chute historique de 100 % des précipitations dans certaines zones, obligeant des bâtiments publics et des banques à fermer à Téhéran et dans plusieurs provinces et provoquant des pénuries alimentaires (plus de 80 % pour certains produits) et un exode rural vers les bidonvilles.
Les coupures d’eau et d’électricité durent plusieurs heures par jour à cause de la surconsommation des climatiseurs et de barrages à 30 % de leur capacité. Les pertes pour l’agriculture, qui consomme plus de 90 % de l’eau, sont estimées à des milliards de dollars dont près de 25 % pour la production céréalière. La surexploitation des aquifères provoquent un affaissement des sols spectaculaire. Le réseau de traitement des eaux usées est en mauvais état dans plusieurs villes et le réseau de distribution subit des fuites importantes. Résultats : un stress hydrique et des populations entières n’ont plus accès à l’eau potable. L’Iran risque d’atteindre le « Day zero », c’est-à-dire une rupture totale des réserves d’eau (WRI). De plus, les surfaces des lacs, zones humides et lits des rivières asséchés sont devenus d’importantes sources de poussière soulevées par des vents violents. Près de 59 000 personnes dans plusieurs provinces sont décédées en Iran l’an dernier à cause de la pollution de l’air. Le vieillissement du parc automobile et la mauvaise qualité des carburants contribuent aussi à la pollution de l’air. Récemment, Téhéran a été classée ville la plus polluée au monde.
Esther Amar, journaliste scientifique – Israël Science Info
