« Aimer Jérusalem » au KKL : une soirée d’exception avec Nathan Devers.
Après Toulouse et Bordeaux, et avant les prochaines étapes de Nice, Marseille, Cannes et Genève, la tournée de Nathan Devers pour son septième livre « Aimer Jérusalem », paru chez Gallimard en avril 2026, a fait escale à Paris dans la belle « Maison du sionisme » du KKL.
Et l’on peut dire que la soirée a pleinement tenu ses promesses, réunissant près de cent personnes venues vibrer au rythme d’un livre singulier et courageux.
Une amitié au cœur de la soirée.
C’est Robert Zbili, président du KKL France, qui a ouvert la conférence en rappelant avec chaleur la profonde amitié qui le lie à Nathan Devers, un lien forgé au fil des voyages de presse que l’écrivain a effectués aux côtés du KKL, et dont les traces se lisent jusque dans les pages du livre lui-même. Car Nathan Devers n’est pas seulement un ami du KKL : il en est, en quelque sorte, un compagnon de route intellectuel, sensible à ce que cette maison incarne.
La conférence était animée par Philippe Lévy, responsable Éducation & Jeunesse du KKL, dans un dialogue à la fois exigeant et passionné, qui a permis d’explorer les grandes lignes de ce livre protéiforme, entre méditations, confessions, essai philosophique et autofiction.
Un roman à nul autre pareil.
Philosophe, chroniqueur sur France Info, France 5 et France Culture, rédacteur en chef de « La Règle du jeu », Nathan Devers est l’un des rares intellectuels français à assumer pleinement la double posture du penseur et de l’homme de médias. « Aimer Jérusalem » est à son image : érudit et personnel, tendu et poétique, courageux à l’heure où la polarisation écrase la nuance.
Le déclencheur du livre ? Le 7 octobre 2023, que l’auteur apprend à Beyrouth où il recevait un prix littéraire. Ce choc ranime en lui une question qu’il croyait avoir mise de côté : son rapport à Israël, à sa judéité, à Jérusalem. « Israël a vécu sa mort, une mort éphémère, mais une mort néanmoins », écrit-il dans ce chapitre inaugural intitulé « La Cassure ».
Les grands motifs du livre explorés en dialogue.
La soirée a permis de traverser les thèmes majeurs qui structurent l’ouvrage :
La Bible comme fondement : Nathan Devers affirme que le peuple juif est « un peuple qui est littéralement sorti d’un livre », dont le fondement n’est ni géographique, ni ethnique, ni culturel, mais le texte. Ce fil rouge traverse le livre tout entier.
La dualité Jérusalem / Tel Aviv : la ville du songe contre la ville des corps, la promesse contre le possible — une tension littéraire et philosophique qui court tout au long de l’ouvrage, Tel Aviv étant présentée comme « une utopie qui a réussi ».
La lecture contre le littéralisme : au cœur du livre, une conviction forte.
Il ne faut pas laisser le texte biblique aux seuls religieux, ni aux extrémistes qui l’instrumentalisent. L’auteur s’attaque frontalement aux lectures littéralistes de membres du gouvernement Netanyahou, affirmant que « le lecteur recrée le livre tout autant que l’auteur ».
La fidélité critique à Israël : Nathan Devers critique les dirigeants nationalistes depuis une position d’amour revendiqué, estimant qu’ils risquent de « tuer » Israël en négligeant son image dans le monde. Le débat avec la salle a été vif et nourri sur ce point.
La réponse philosophique après la catastrophe : comment répondre au mal ? L’ouvrage convoque Steiner, Proust, Scholem , et la tension entre l’esprit d’Abraham et celui de Moïse — pour poser avec rigueur la question de ce que le sionisme doit à l’exil, et ce qu’il lui coûte peut-être.
Dédicaces, pot de l’amitié et deux cadeaux symboles
Les questions de la salle ont prolongé le débat, avant que la soirée ne se conclue par une séance de dédicaces du livre, un pot de l’amitié réunissant Nathan Devers et son épouse Anaëlle, dont il est également question dans le livre, autour de l’équipe du KKL et des participants.
À cette occasion, deux cadeaux symboles ont été remis au couple.
Le premier : l’édition spéciale de la légendaire boîte bleue du KKL, frappée à l’occasion de la guerre des « Épées de fer ». Réalisée en métal dans un design inspiré de l’art du découpage de papier, elle illustre la dualité de l’époque, la guerre et la destruction d’un côté, le labour et la renaissance de l’autre , avec l’anémone pour symbole d’espoir. Chaque boîte est un acte de mémoire et de solidarité, contribuant aux projets de reconstruction menés par le KKL de Jérusalem dans le sud d’Israël. Un cadeau accompagné de ces mots : « Pour ton amitié pour le KKL et ton amour indéfectible d’Israël, voici un gage de notre profonde reconnaissance saluant ton engagement intellectuel autant que ta fidélité. »
Le second : un élégant collier orné du symbole du KKL, l’arbre-menorah , symbole de résilience conçu pour Tou Bichvat , offert à Anaëlle, en hommage à un couple engagé, à la vie comme dans le débat public, dans un combat pour la réhabilitation de l’image d’Israël.
Un moment dont le KKL est fier
« Ce fut une soirée d’une qualité rare, à la hauteur de ce livre exigeant et nécessaire. », conclut Philippe Spilet, vice-président de l’institution.
Le KKL est particulièrement fier d’avoir créé ce moment, et se réjouit que la tournée se poursuive en région, permettant à Nathan Devers d’aller à la rencontre de son public dans toute sa diversité.