Proposée par RESET (programme éducatif de Lanoar/Lamorim) dans le cadre des formations destinées aux associations de jeunesse pour lutter contre l’antisionisme, une grande battle oratoire a été organisée en partenariat avec le département Education du KKL le 28 avril au CEJ à Paris.
Devant une assemblée survoltée venue soutenir les jeunes militants de Cteen, du DEJJ, des EEIF, de la fédération étudiante Alliance, Moadon, Olami, Relev…dans un exercice de mise en situation inédit, le jury composé de David Krief (fondateur de Jewbuzz), de l’influenceur Samuel Madar et de l’experte en public-speaking, Gulliana Berrebi a élu les meilleurs orateurs au service d’Israël ! Retour en coulisses sur cet événement qui a battu l’estrade !
Il y avait quelque chose d’électrique dans l’air, ce lundi 28 avril au soir, au Centre Européen du Judaïsme à Paris. 150 personnes. Des jeunes, des moins jeunes, des animateurs, des madrichim (animateurs), des militants, des curieux, réunis pour une soirée qui ne ressemblait à aucune autre. Pas un colloque. Pas une conférence. « Quelque chose de plus vivant, de plus exigeant, de plus rare : une battle oratoire ! », confie Hélène Mergui, directrice de Lamorim à travers le dispositif RESET, programme éducatif proposant des formations destinées aux associations de jeunesse pour lutter contre l’antisémitisme et l’antisionisme, laquelle a fait appel à l’expertise de Philippe Lévy, responsable Education du KKL de France, pour accompagner cet événement. Le département Éducation & Jeunesse du KKL, partenaire de l’initiative, a donc répondu pleinement présent et apporté son soutien à la conception et à l’animation de la soirée.
Cinq arènes. Cinq équipes. Une seule exigence : tenir debout !
Avant même que la première équipe monte sur scène, Philippe Lévy, formé aux Cours Florent, a ouvert la soirée avec les mots qui en fixaient l’enjeu :
“Nous ne sommes pas là pour convaincre le monde. Nous ne sommes pas là pour gagner des débats sur les réseaux. Nous sommes là pour quelque chose de plus exigeant, de plus rare, et finalement de plus utile. Nous sommes là pour penser sous pression.”
Cinq mises en situation, cinq arènes différentes ; chacune calquée sur un contexte que ces jeunes connaissent, ont vécu, ou vivront : un plateau de télévision où un seul mot peut devenir une bombe rhétorique ; une conférence internationale sur le climat où Israël se retrouve au banc des accusés ; une université occidentale où la question n’est plus “que penses-tu d’Israël ?” mais “as-tu encore le droit d’exister dans cet espace ?” ; une salle de rédaction où les journalistes se battent sur les mots avant même de parler des faits ; et un tribunal imaginaire, mais dont les arguments, eux, sont bien réels , où l’histoire est convoquée comme pièce à conviction.
Les équipes représentaient le foisonnement du monde associatif de la Jeunesse juive française : Cteen, le DEJJ, les EEIF, la fédération étudiante Alliance, Moadon, Olami, Relev… Autant de mouvements qui, pour une soirée, avaient mis leurs couleurs de côté pour défendre ensemble une seule cause : la capacité à répondre. Vite. Avec intelligence. Sans trembler.
Un coach. Un jury. Et un public devenu juge.
Ce qui rendait la soirée singulière, c’est qu’elle n’était pas tombée du ciel.
En amont de l’événement, Philippe Lévy avait dûment coaché les jeunes participants, travaillant avec eux la posture, le souffle, la structure de l’argumentation, la capacité à ne pas se laisser déstabiliser par une question hostile. Une préparation ancrée dans son double bagage : celui du comédien formé aux Cours Florent, et celui du coach en prise de parole publique. Car défendre Israël dans un amphi ou face à une caméra, ce n’est pas qu’une question de fond — c’est aussi une question de corps, de présence, de tempo.
Le jury, lui, était à la hauteur du défi. David Krief, fondateur de Jewbuzz, qui sait ce que c’est que de tenir un discours sous le feu des commentaires. Samuel Madar, directeur européen de l’ONG, Union Watch, qui connaît la puissance d’une parole qui traverse un écran et touche des milliers de personnes. Et Gulliana Berrebi, experte en art oratoire et public-speaking, parce que la façon dont on dit les choses, c’est déjà une prise de position.
Leur verdict comptait pour 50% de la note finale. Les 50% restants ? Le public lui-même, ses applaudissements, son énergie, son jugement. “Ce soir, vous n’êtes pas spectateurs. Vous êtes juges.”
Le KKL : partenaire d’une génération qui devra répondre.
Dans son introduction, Philippe Lévy avait pris soin de préciser ce que représentait la présence du KKL ce soir-là, non pas comme sponsor, mais comme partenaire d’un projet éducatif profond :
“Le KKL plante des arbres depuis 125 ans. Il reconstruit, il irrigue, il reforme une terre. Mais un arbre ne tient pas sans racines. Et des racines, ça se cultive aussi dans les mots. Dans la pensée. Dans la capacité à tenir debout quand on vous pousse.”
Outiller une génération qui n’aura pas toujours le luxe du silence, du recul ou de l’indifférence. Une génération qui devra répondre, souvent, vite, avec intelligence. C’est ce pari-là que le KKL a fait en s’associant à RESET pour cette soirée.
Et à en juger par l’énergie qui régnait dans la salle, par la précision et le courage des jeunes qui sont montés sur scène, par l’assemblée enthousiaste er supportrice venue les soutenir, ce pari, il a été tenu.
Le meilleur argument, incarné, précis, humain, a remporté la soirée soit le tandem DEJJ-OFAC pour sa déconstruction de l’attaque du moment : « Israël : état écocidaire ». Formée par le KKL pour « débunquer » ces critiques fallacieuses de « greewashing », les jeunes ont ainsi pu comprendre, et restituer, en finesse toute l’action environnementale vertueuse du Fonds National Juif. Et cette génération, elle, a prouvé qu’elle sait prendre la parole.













