Hugo Billard sur Radio Notre-Dame

Mardi 3 novembre 2015 - La paix est-elle possible au Proche-Orient ?


Chronique en vidéo, lien direct : http://dai.ly/x3c726l


Article sur le site Decalage-diplo.fr par Antoine Colonna

9 novembre 2015 - Israël sur une défensive discrète face à Daesh


Article en version intégrale ici : http://www.decalage-diplo.fr/israel-sur-une-defensive-discrete-face-a-daesh/


V
erbatim:
 

JERUSALEMA écouter les politiques et stratèges israéliens, la guerre civile en Syrie, et dans une moindre mesure dans le Sinaï, ne sont pas des affaires israéliennes. Tsahal ne s’aventure que très rarement en Syrie, alors que tous les regards sont rivés précisément sur les événements terribles dans ce pays. Alors que le Premier ministre israélien se rend à Washington ce 9 novembre, on peut lire entre les lignes, la stratégie adoptée ici contre Daesh.

« Le gouvernement israélien est très prudent vis-à-vis de la situation en Syrie, il observe attentivement la position russe et reste assez indifférent à ce que peut faire le président Bachar Al-Assad », note une source diplomatique. « Israël fait figure de petit acteur dans la scène régionale, réaliste et modeste » ajoute la même source.

Israël semble se désintéresser en apparence de ce qui se passe chez ses voisins immédiats et faire profil bas mais non sans prendre des garanties alors que Daesh a menacé pour la première fois l’Etat hébreu dans une vidéo diffusée mi-octobre. C’est ce que confirme Tza’hi Ha Negbi, ancien ministre et Président de la Commission de la Sécurité et des Affaires étrangères de la Knesset devant une délégation française de l’organisation sioniste KKL à Jérusalem le 30 octobre dernier. Pour lui, la rencontre il y a trois semaines, entre Benjamin Netanyahu et Vladimir Poutine à Moscou, a permis à Israël d’obtenir des Russes des garanties sur la sécurité de la frontière entre I’Etat hébreu et la Syrie. Interrogé sur les politiques comparées entre Obama et Poutine, Tza’hi Ha Negbi a déclaré que la question était beaucoup trop délicate… pour y répondre… Réagissant encore aux questions de Décalage-diplo.fr et d’autres journalistes présents dans la salle, il a minoré l’influence de la France, remerciant avec une pointe d’ironie la proposition de Paris d’envoyer une mission pour assurer la sécurité de l’esplanade des Mosquées, expliquant qu’Israël avait tous les moyens nécessaires pour ce faire. Le Quai d’Orsay a, en effet, annoncé son intention de proposer au Conseil de sécurité des Nations unies une déclaration prévoyant une présence internationale sur l’esplanade, lieu de tensions entre forces de l’ordre israéliennes et activistes palestiniens en pleine « intifada des couteaux ».

La proposition avait valu à la France une nouvelle volée de bois vert dans la presse israélienne qui en profite pour souligner tous les dangers qui pèsent sur la communauté juive en France. Le texte avait été dénoncé par un communiqué du ministère israélien des Affaires étrangères comme « une récompense de la France au terrorisme que les Palestiniens ont initié ». Le ministre du Tourisme Yariv Levine, membre du Likoud, le parti au pouvoir, avait affirmé il y a quelques jours qu’Israël avait « obtenu le soutien des Américains pour bloquer l’initiative française ».

L’Etat Hébreu reste donc très concentré sur les questions de sécurité intérieure où il entend bien garder sa pleine souveraineté tout en gardant un œil discret mais attentif sur l’évolution de Daesh qui est présent dans le bassin du Yarmouk, à la frontière nord, de l’autre côté du Golan, Gaza et le Sinaï où le groupe Ansar Baït al-Maqdas a prêté allégeance à Daesh. Ce même Sinaï où l’avion Charm-El-Cheikh / Saint Petersbourg s’est écrasé dans une catastrophe qui a fait 224 morts aussitôt revendiquée par Daesh via un compte twitter, sans que l’on ait encore de certitudes sur les causes précises du drame.

Malgré un suivi méticuleux de ce groupe par le renseignement militaire, Israël ne veut cependant pas accélérer les choses contre l’Etat islamique car, militairement, c’est le Hezbollah qui reste l’ennemi principal. « La stratégie pragmatique consiste à ce que les deux groupes s’usent l’un contre l’autre quitte à renforcer Daesh qui fait figure de nain dans l’esprit des stratèges israéliens, comparé au puissant et discipliné Hezbollah » nous confirme à Jérusalem une source proche du renseignement israélien.

Une stratégie dont on verra l’évolution après le retour d’une visite complexe à Washington entre Benjamin Netanyahu et Barrack Obama, préparée sur place depuis une semaine par le Conseiller à la Sécurité nationale Yossi Cohen. Il s’agit de la première rencontre entre les deux hommes depuis la signature en juillet dernier de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien.