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Renaissance printanière
Après les terribles ravages causés par le plus grave incendie de l'histoire d'Israël, la nature reprend timidement ses droits sur le mont Carmel, où commencent à poindre, ça et là, les premiers signes de vie. Un processus de régénération spontané suivi de près par les forestiers du KKL.
Depuis quelques jours, les pentes noircies du Carmel laissent apparaître les premières fleurs sauvages de la saison, frêles survivantes du drame. Profondément enterrés, certains bulbes de cyclamens, narcisses et autres scilles maritimes sont en effet parvenus à échapper à l'agression des flammes et donnent actuellement naissance à des îlots de verdure entre les arbres calcinés. Ceux-ci illustrent, une fois encore, l'étonnante capacité de la nature de se relever de ses cendres.
Davantage exposés, les arbres que le feu n'a pas irrémédiablement détruits réclameront un temps de « convalescence » plus long. Les espèces à feuilles caduques, comme les chênes, les térébinthes ou les arbres de Judée, peuvent se régénérer relativement rapidement à partir de leurs racines. Toutefois, ces dernières peuvent se muer en troncs additionnels, qui risquent d'entraîner un phénomène de concurrence préjudiciable au développement harmonieux des forêts. Quant au mode de croissance des conifères, il mérite aussi un contrôle assidu afin d'éviter la densification anarchique des forêts.
Conformément à une décision conjointe des organismes investis dans la reconstruction du site, les forestiers du KKL s'appliquent ainsi à privilégier une régénération naturelle encadrée. Pour encourager l'épanouissement de chaque individu et limiter les risques de propagation des incendies à venir, ces experts de la sylviculture, assistés par des milliers de volontaires, procèdent à l'élagage systématique de la matière organique des sous-bois. Il s'agit notamment d'empêcher que les flammes n'atteignent la canopée, où l'apport supplémentaire en oxygène peut donner lieu à de graves embrasements. Grâce à une juste répartition de la végétation, les arbres ont tout le loisir d'acquérir envergure et vigueur. À ce stade, les moutons, chèvres et vaches peuvent participer sans dommage à l'entretien de la forêt.
Les zones affectées par l'incendie de décembre étaient à 90 % d'origine naturelle. Spécialisé dans les plantations, le KKL a également relevé le défi de gérer intelligemment ces forêts sans porter atteinte à leur caractère unique. Un subtil mélange de sagesse, de discrétion et d'efficacité.
La terre