Vous êtes ici : Accueil > Médias > Colonne Verte > L’année d’après…
L’année d’après…
La traditionnelle, mais non moins passionnante, conférence estivale annuelle du KKL s'est tenue le 17 juillet dernier à l'hôtel du golf de Deauville. Une centaine de personnes a assisté à cette table ronde de haut niveau, consacrée aux mutations de la stratégie d'État française face à l'intégrisme et aux évolutions de relations inter-communautaires depuis l'élection de Nicolas Sarkozy.
Définie des semaines auparavant, la thématique de cette rencontre ne pouvait mieux s'accorder avec l'actualité la plus immédiate : l'accord conclu entre Israël et le Hezbollah au sujet de l'échange de prisonniers, qui a permis la restitution des corps des soldats Ehud Goldwasser et Eldad Regev (zal) à leurs familles, après deux années de cruelle incertitude (une torture mentale savamment orchestrée par le leader de la milice pro-iranienne), mais aussi la libération de quelques-uns des pire criminels que la Terre ait portés... Un sujet douloureux, objet de bien des critiques au cours de ce débat deauvillais.
Présentés par Frédéric Nordmann, président du KKL de France, les quatre conférenciers ont établi un état des lieux de la géopolitique française et du paysage communautaire de l’Hexagone, un an après la présidentielle. Mohamed Sifaoui, auteur de Combattre le terrorisme islamiste et de plusieurs ouvrages sur Al-Qaïda, a fait part à l’assistance de son hostilité à l’islamisme et des valeurs communes qu’il partageait, à l’instar de nombre d’intellectuels musulmans modérés, avec la démocratie israélienne. À ses yeux, le récent accord Israël-Hezbollah signe, hélas, une nouvelle victoire de l’intégrisme et affaiblit à l’inverse celles et ceux qui luttent, sous la menace, contre le radicalisme musulman. Inquiet quant à la montée du communautarisme en France, qui invalide le « vivre ensemble », il a appelé à une modernisation des musulmans plutôt qu’à cette « modernisation de l’Islam » fréquemment mise en avant. De son côté, Frédéric Encel, grand ami du KKL et directeur de recherche à l'Institut français de géopolitique, a jugé plus positivement le bilan provisoire de Nicolas Sarkozy, qui est parvenu, malgré la prégnance de la Realpolitik, à réchauffer sensiblement les relations franco-israéliennes. Non sans originalité, David Shapira, délégué du KKL pour les Legs et Testaments, a suggéré l’idée de proposer aux musulmans de France un questionnaire comparable à celui que Napoléon avait, en 1806, soumis aux Juifs, dans l’optique de reconstituer un Grand Sanhédrin : la polygamie, le divorce, le rapport à la loi et à la France faisaient alors partie des interrogations impériales… Enfin, Michaël Bar-Zvi, délégué général du KKL de Jérusalem en France, a souligné que les défis auxquels Israël était aujourd’hui confronté dépassaient le cadre du Moyen-Orient : non seulement l’Islam compte 1,2 milliard de fidèles dans le monde, mais les règles traditionnelles qui régissaient les relations entre les nations n’ont plus cours à l’ère du terrorisme international… Comment exiger d’Israël négociations et concessions face à de tels ennemis ?
Les bénéfices de la manifestation, chapeautée par Marcel Jungierman et Albert Czarnobroda, seront dédiés à la construction de la « route de la Paix », une voie panoramique de 18 km entre Hazeva et Ein Yahav, qui contribuera à l’attractivité et au dynamisme de la Arava.
La terre