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Esprit de résistance

Placée sous le signe de l'héroïsme juif, la cérémonie du Yom Hashoah, co-organisée par le KKL et le B'nai B'rith le 21 avril, a réuni, dans la forêt des Martyrs, témoins des années noires et jeunes générations. Une transmission de la mémoire marquée par le courage et l'abnégation des combattants et défenseurs de notre peuple.

Bien loin des vociférations délirantes qui ont entaché, sans surprise, la conférence de « Durban II », cette émouvante célébration mettait à l'honneur les hommes et les femmes qui, animés des valeurs qui allaient conduire à la réalisation pleine et entière du sionisme, ont sauvé, au péril de leur vie, celle de leurs coreligionnaires. Si la fondation de l'État d'Israël ne saurait être considérée comme une conséquence directe de la Shoah, comme l'ont indiscutablement montré les historiens, il va sans dire que les héros juifs de la résistance au nazisme et les soldats de l'indépendance, dont nous célébrons cette semaine le 61e anniversaire, partageaient un sens commun de la « responsabilité envers autrui », telle que nous l'enseigne le judaïsme. Bien souvent, ils s'agissait d'ailleurs des mêmes personnes, ainsi qu'en témoigne Eliezer Ben Tsion, premier orateur de la cérémonie. Acteur de la Résistance française et sauveteur de Juifs en péril, ce dernier a rejoint le Palmah sitôt sa « mission » achevée en Europe. Animé d'une foi intacte dans la « sainteté de la vie », il a tenu à faire part aux centaines de jeunes présents, étudiants et cadets des gardes-frontières, des principes qui ont guidé son existence : le respect de l'autre et l'assistance aux personnes en danger.
Rassemblés autour des Rouleaux de feux, sculpture commémorative de Nathan Rappaport sise au cœur de la forêt « mémorielle » du KKL, les participants ont écouté, dans un silence révérencieux, les témoins et autres invités de marque qui se sont ensuite succédé à la tribune. Outre les représentants du KKL (le vice-président Menahem Leibovic et Reuven Naamat, du département de l'Éducation) et du B'nai B'rith (Haïm Katz), sont intervenus l'ambassadeur de la République tchèque, Michael Zantivsky, l'ancien sélectionneur national de football, Avraham Grant, fils d'un survivant, Matthew Bilski, petit-fils de Zusia Bilski, qui a sauvé, en compagnie de son frère, 1230 Juifs biélorusses, et enfin le commandant des gardes-frontières Eliyahu Aharoni, qui n'a pas manqué de citer Mordekhaï Anielewicz, chef héroïque de l'auto-défense juive lors du soulèvement du ghetto de Varsovie, en 1943.
Après la lecture de quelques-uns des noms du million et demi d'enfants assassinés par les Nazis et les prières d'usage à la mémoire des disparus, jeunes et moins jeunes ont entonné avec fierté la Hatikva, non sans se promettre de demeurer vigilants face aux éternels ennemis d'Israël et à leurs sombres desseins.