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De la « ligne rouge » à la « ligne noire »
Fin juillet, le niveau du lac de Tibériade, premier indicateur de l'état des ressources en eau d'Israël, atteignait le seuil alarmant de - 213,65 mètres au-dessous du niveau de la mer. Les rives du principal aquifère du pays ont ainsi reculé de dizaines de mètres depuis l'hiver dernier. Une situation qui préoccupe la Nation tout entière.
Les citoyens israéliens, comme les lecteurs de la « Colonne Verte », sont régulièrement tenus informés des fluctuations du niveau du Kinneret (lac de Tibériade). L'Autorité de l'eau a d'ailleurs créé une terminologie spécifique, reprise par tous les médias : au-delà de la « ligne rouge supérieure » (- 208,80 m), le barrage du Jourdain est ouvert afin de permettre à l'eau de se déverser dans la mer Morte ; en deçà de la « ligne rouge inférieure » (- 213 m), le pompage de l'eau du lac est suspendu. Or, après des années de faibles précipitations, un hiver très peu pluvieux et un été de sécheresse absolue, un nouveau concept a dû être formulé pour rendre compte de la gravité de la crise de l'eau à laquelle Israël doit faire face : la « ligne noire », qui s'établit à - 214,87 m. Ce niveau dramatique devrait en effet être atteint d'ici le mois de décembre. Il sera alors exclu de puiser dans cet aquifère, pourtant essentiel aux besoins du pays.
Ces derniers augmentent en outre chaque année, en réponse à la croissance démographique et au progrès du niveau de vie moyen. Le déficit entre les ressources en eau potable actuelles et la consommation s'élève à 100 millions de m3 chaque année. Surexploités, les aquifères israéliens souffrent du reste d'une dégradation de la qualité de leurs eaux, dont les taux de salinité et de chlorures sont en constante augmentation. Si l'on ajoute à cela les effets du réchauffement climatique, l'on aboutit à une crise écologique et économique sans précédent.
Si Israël a encore beaucoup à faire en matière de développement des ressources en eau alternatives, en ce qui concerne la désalinisation notamment, il est un domaine où le pays peut se prévaloir de faire partie des leaders mondiaux, grâce à l'action du KKL : le traitement des eaux usées à des fins agricoles. En effet, 50 % des eaux utilisées pour l'irrigation des champs et les vergers (qui représente à elle seule 64 % de la consommation nationale d'eau) provient des eaux recyclées par les quelque 200 réservoirs construits par le KKL, du Néguev jusqu'en Galilée. Ce système permet de réserver en priorité l'eau potable à la consommation domestique, de limiter la pollution des cours d'eau et de faire économiser au secteur agricole 300 millions de shekels par an (l'eau recyclée coûte près de deux fois moins chère que l'eau potable). Le KKL gère par ailleurs huit stations de recherche agronomique, qui développent les techniques d'irrigation les plus économiques et efficaces, sans oublier les initiatives qu'il mène en faveur du drainage et de la qualité des sols. Une fois encore, le KKL se trouve donc en première ligne dans ce combat vital pour l'avenir d'Israël.
La terre