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Au coeur de la fournaise

Dès que l'alerte a été donnée, les forestiers du KKL se sont aussitôt mobilisés, aux côtés des pompiers, pour combattre les flammes. Armés de leur expérience et de matériels de pointe, ils n'ont pas hésité à risquer leur vie au cours de ces cinq journées de cauchemar. Témoignage de Micah Silko, forestier du KKL depuis 25 ans.

« Le jour où l’incendie s'est déclaré, je travaillais à la réalisation d'une piste cyclable le long de la rivière Kishon. Dès que j'ai aperçu la fumée, je me suis précipité dans mon camion pour rejoindre le Carmel. En route, j'ai reçu un appel d'un de mes collègues forestiers, qui m'informait de la situation. J'étais l'un des premiers à arriver sur place. En quelques minutes, une incontrôlable tempête de feu s'est produite. J'ai appelé les avions anti-incendie et tous les pompiers disponibles, mais j'ai vite compris que nous étions confrontés à une catastrophe sans commune mesure avec ce que nous avions connu auparavant.

J'ai commencé à faire tout ce qui était en mon pouvoir, les larmes aux yeux. Cette forêt est une part essentielle de mon existence... Nous avons essayé de mettre en place des pare-feu au péril de nos vies [...] À un moment, je me suis dit : "C'est trop, sauvons-nous", mais je ne pouvais pas abandonner les arbres pour lesquels j'ai travaillé toute ma vie !

Le lendemain, je me trouvais près de la rivière Habustan. Un immense mur de feu se dirigeait vers nous. J'ai compris que seuls les avions pouvaient lutter contre des flammes d'une telle intensité [...] J'ai eu le cœur arraché quand mon fils de 12 ans a demandé pourquoi son papa ne pouvait pas arrêter le feu...

Depuis, la forêt a littéralement changé de visage. Je réalise qu'à 47 ans, je ne reverrai plus jamais la forêt telle que je l'ai connue. [...] Concernant l'avenir, le KKL entreprend une politique de réhabilitation qui permettra à la forêt de se régénérer de façon naturelle. Mais il y a beaucoup à faire pour éviter que ce drame ne se reproduise : le KKL élague ses forêts et crée des pare-feu et des voies d'accès, indispensables en cas d'incendie [...] D'ailleurs, 80 % de la région détruite étaient composés de forêts naturelles et non plantées par le KKL. Quand une forêt est délaissée et que le pâturage n'y est pas permis, le feu se propage rapidement, et le terrain devient impraticable. [...] À présent que l'incendie est maîtrisé, je tente de puiser des forces dans la verdure des forêts que nous sommes parvenus à sauver. Notre devoir est aujourd'hui de faire reverdir le Carmel. »

Afin de soutenir le KKL dans son œuvre de réhabilitation, au nom du gouvernement israélien, vous pouvez adresser vos dons au KKL : 11 rue du 4-Septembre, 75002 Paris ou par Internet sur www.kkl.fr. Soyez par avance remerciés pour votre contribution essentielle !