Vous êtes ici : Accueil > Les réalisations du KKL > LA FORÊT ILAN HALIMI (2006)

LA FORÊT ILAN HALIMI (2006)

Le 13 février 2006, la communauté juive et la France tout entière apprenaient l’assassinat atroce d’Ilan Halimi (zal). Afin de rendre à ce jeune homme de 23 ans l’hommage qui lui est dû et de faire part à sa famille de la sympathie des Juifs de France, le KKL a décidé de planter une forêt à sa mémoire, dans la couronne de Jérusalem.

Le 13 février 2006, la communauté juive et la France tout entière apprenaient l’assassinat atroce d’Ilan Halimi (zal). Afin de rendre à ce jeune homme de 23 ans l’hommage qui lui est dû et de faire part à sa famille de la sympathie des Juifs de France, le KKL a décidé de planter une forêt à sa mémoire, dans la couronne de Jérusalem.

Après avoir défrayé la chronique, la tragédie a désormais été supplantée par d’autres «dossiers» à la une des médias, jusqu’au procès tant attendu, et espérons-le exemplaire, du bien nommé «gang des barbares». Pourtant, nul n’a oublié le sentiment d’effroi qui a envahi notre nation à l’annonce de cet abominable drame. Nul ne saurait omettre de dédier ses prières et pensées à la famille d’Ilan; nul ne peut s’empêcher de songer à ses propres enfants, frères et sœurs, lorsqu’il se remémore la cruauté dont ont fait preuve, sans remords, les preneurs d’otages…

Ébranlés par la nouvelle de la mort brutale d’Ilan, les responsables et militants du KKL de France se sont aussitôt mobilisés pour exprimer leur solidarité avec la famille du jeune homme. En accord avec cette dernière, l’association sioniste a choisi de lui dédier une forêt sur les collines de la Ville sainte.

Ilan, «arbre» en hébreu, a succombé à ses blessures le jour du Tou bichvat, le Nouvel An des Arbres. Il allait de soi que le KKL honorât sa mémoire par la plantation d’une forêt, œuvre de vie et symbole de pérennité au cœur d’Israël. Ces milliers de jeunes plants sauront préserver, plus que toute autre initiative, le souvenir d’Ilan Halimi, dont le nom sera désormais associé, grâce à votre concours, à l’un des plus beaux sites forestiers de Terre sainte.

Les premiers arbres dédiés à Ilan ont été plantés à l’occasion du voyage des militants du KKL, «Israël en Vert», quelques jours à peine après l’annonce de la tragédie. Le KKL a ensuite décidé de consacrer les bénéfices de son concert de Tu bishvat à la forêt Ilan Halimi. Ses amis, qui s’étaient déplacés en nombre pour l’occasion, ont répondu à cet appel avec émotion et générosité. Tous ceux, Juifs ou non, qui ont été profondément touchés par ce drame, sont invités à participer eux aussi, chacun selon ses moyens, à ce projet collectif porteur de vie et d’espoir. Qu’ils en soient ici, par avance, remerciés.

Le projet en bref

Nom: forêt Ilan Halimi

Objet: hommage à Ilan Halimi, victime de l’antisémitisme

Localisation: couronne verte de Jérusalem

Composition: 10 000 arbres

«Le Juste sera grand comme le palmier»

Tout a été dit, ou presque, sur l'horrible assassinat d'Ilan Halimi, sur les circonstances, sur l'enquête et sur l'aspect antisémite de cette affaire sordide, qui interpelle et inquiète les consciences. On ne saurait envisager que les «barbares», puisque c'est ainsi qu'on les désigne, connaissaient la signification du nom Ilan en hébreu et certainement pas le fait que ce jour tragique du 13 février 2006 était celui de la fête de Tou Bichvat, le nouvel an des arbres et de la renaissance de la nature. Pourtant depuis ce crime atroce, la coïncidence devient de plus en plus symbolique et de plus en plus chargée de sens. Il est clair aujourd'hui qu'il ne s'agit pas là d'un simple fait divers mais d'un événement qui remet en cause les valeurs de la société. La justice française devra être irréprochable sur les suites qu'elle donnera à cette affaire.

Mais comment ne pas s'interroger sur le sens d'un acte ou d'une série d'actes ayant pour but la mort d'un jeune homme le jour où nous célébrons la vie et préparons l'avenir des futures générations ? Y penser dérange et nous plonge dans un profond malaise qui s'accompagne d'un sentiment de solitude, à chaque fois plus pressant. Que sont devenus les amis de notre peuple, qui étaient à nos côtés après le crime de Carpentras ? Que valent les discours sur la mémoire si, soixante ans après les camps nazis, les stéréotypes antisémites les plus primaires circulent encore parmi les jeunes sortis des écoles de la République ? Comment endiguer un fléau qui, objectivement, se répand inexorablement dans toutes les couches de la société ? En parler, mais pas trop nous dit-on, se taire mais pas trop non plus, manifester avec ceux qu'on aime mais aussi avec les autres. Et puis, on se rend compte que c'est peut-être dérisoire.

Alors que faire ? Pour nous, pour nos enfants, pour Ilan. Il n'y a pas de réponse unique à cette question. Chacun doit, à son niveau, accomplir son devoir moral, prendre ses responsabilités d'homme, de citoyen, de père et tirer les conséquences de cette tragédie. Face à la violence, à la barbarie, la seule réponse qui s'impose est d'apporter la vie, car elle seule peut donner un peu de réconfort. On ne peut guérir la plaie de la perte d'un enfant, et encore moins dans les circonstances de cet assassinat. Les forces nécessaires pour surmonter une telle épreuve sont incommensurables.

Le devoir et la responsabilité de notre association, avec ses adhérents, est d'honorer la mémoire d'Ilan, l'arbre abattu le jour de Tou Bichvat, par la plantation d'une forêt. Cette obligation morale nous semble être l'hommage à la fois humble et grave de la communauté juive et de ses amis pour témoigner à la famille d'Ilan et à ses proches son affection et inscrire son nom à jamais en terre d'Israël. Ce simple geste d'amour ne répare pas l'irréparable, mais il permettra à d'autres jeunes de goûter à la vie, qu'Ilan aimait tant. Une forêt, c'est aussi un lieu paisible où l’on se recueille, où l’on peut espérer un monde meilleur, et où l’on peut contempler la beauté de la nature. Cette opposition entre un site pastoral et le monde cruel qui nous entoure nous montre toute la difficulté des questions que soulève la tragédie d'Ilan Halimi.

Le KKL s'efforce de construire, de développer, de créer de la vie et de l'espoir et c'est en n'oubliant jamais ceux qui nous ont quittés que nous renforçons notre droit moral sur cette terre. Ilan appartient désormais à cette terre. Il nous incombe la rude tâche de ne jamais l'oublier et de ne jamais manquer à nos devoirs envers lui. Cette année, il n'y a pas eu en France de fête pour les arbres le jour de Tou Bichvat, Hag LeIlanot comme le dit la chanson, mais espérons qu'il sera la dernière victime de cette dérive insupportable qui frappe ce pays et que bientôt «le juste sera grand comme le palmier».

Michaël Bar-Zvi, délégué général du KKL de France